samedi 22 septembre 2007 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: gilles_nicaud | commentaires (0) | trackbacks (0) | permalien
Le Vercors est une composition magnifique de paysages où la rudesse et la douceur se mêlent.
Imposante et douce la Grande Moucherolle, dressée au milieu des cols et des pas, avec la grâce d'une aile d'un oiseau immense qui prendrait son vol.
Imposant le Grand Veymont dont les courbes tranquilles cependant voisinent avec les étendues d'arbres sans fin de la réserve.
Rudesse et douceur des saisons.
Rudesse et douceur des matins d'été quand le soleil n'a pas encore franchi la ligne des cimes. Le vent alors, d'un souffle, transporte la fraicheur des ombres résiduelles de la nuit.
Et rudesse et douceur des hivers, quand sur les forêts, les collines et les crêtes qui s'ébauchent dans la brume, la neige, intacte, ajoute une clarté de lever du jour.
mercredi 13 décembre 2006 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: gilles_nicaud | commentaires (0) | trackbacks (0) | permalien
Nous longeons un imposant dallage de roches, épais de plusieurs mètres, aux aspérités géantes. Il s'agit d'une falaise disposée presque à l'horizontale. Les aspérités sont un réseau de galeries creusées à ciel ouvert par les pluies et les neiges. Des sapins de petite taille, tels des plantes vertes disposées de loin en loin, prennent mystérieusement racine dans l'épaisseur de la pierre.
Enfin, nous atteignons le Pas. Des falaises vertigineuses encadrent un paysage lointain de montagnes blanches. Mais déjà le soir s'avance. Le Roi souhaite poursuivre seul son chemin. Nous nous séparons donc dans l'espoir d'une prochaine visite. Ce sera par un matin de ciel clair, après une nuit passée dans les chambres du palais, sous les étoiles. Je regarde le Roi franchir le Pas, se jouant des difficultés du relief, et disparaître derrière la rampe de roches qui surplombe le vide. Il ignore les obstacles. Il voyage, avec la liberté du vent, d'un bout à l'autre de son royaume.
Le départ du Roi me laisse un instant songeur, un peu triste. Une brise se lève qui transporte par vagues les nuages. Il est temps de prendre le chemin du retour. J'y retrouve les animaux rencontrés à l'aller, la course légère des chamois sur la vire, le cheminement tranquille des chevreuils dans le sous-bois. Enfin, me voici sur le pré à la couronne. Au loin, les montagnes éclairées par le soleil du soir, tombent des nuages obscurs.
Avant de quitter le pré, un cri au-dessus de ma tête attire mon regard. Un grand oiseau, un circaète, à la fois imposant et gracieux, traverse l'espace d'un seul coup d'ailes. Le Roi m'adresserait-il ainsi un dernier salut ?
Le lendemain, lorsque je me réveille, le Vercors est tout blanc. Pas d'horizon, pas de soleil, et des flocons de neige volent devant ma fenêtre comme autant d'oiseaux minuscules qui se seraient emparé de la lumière du ciel.
mardi 12 décembre 2006 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: gilles_nicaud | commentaires (0) | trackbacks (0) | permalien
La visite commence par une première escalade sur la paroi de roches au sommet du pré. La vue est dégagée. Un horizon de montagnes se détache au-dessus de la brume dans la clarté du jour naissant. Le monde ce matin est neuf, intact, dans la succession des falaises et des arbres blanchis par le givre. Nous pénétrons ensuite dans la forêt. Le sous-bois chaotique et sauvage est plein de pierres, de roches fines comme des lames sur lesquelles il faut avancer à pas prudents, de rochers, de collines, de gouffres qu'il faut contourner ou de broussailles inextricables. Heureusement, des gardes discrets ont pris soin d'indiquer le chemin avec des petits tas de cailloux, appelés ‘cairns', disposés de loin en loin. Une fois parvenu à un cairn, le cairn suivant doit être visible. Il peut être en face ou sur le côté et il n'est pas toujours facile de le distinguer d'un tas de cailloux ordinaire. Le Roi m'explique que la courtoisie consiste, pour chaque visiteur, à déposer au passage, sur les cairns qui s'écroulent, une nouvelle pierre afin que les visiteurs suivants reconnaissent facilement le chemin.
Le Roi est rassurant. Il me fait comprendre qu'aujourd'hui la marche est sans danger si je reste attentif aux aspérités du terrain et si je ne dérange pas le serpent qui dort sous la pierre mais ne me veut aucun mal. Et si je me tiens assis, immobile, dans le silence, assez longtemps, j'ai toutes les chances d'apercevoir des animaux qui n'ont nul besoin de petits tas de pierres pour reconnaître leurs chemins.
Nous nous asseyons donc, sans bruit, sur une des nombreuses roches en forme de siège. Peu de temps après, deux chevreuils discrets traversent le sentier, côte à côte, d'un pas léger, comme deux amis confiants, heureux d'être ensemble.
Celui qui serait transporté sans connaissance en cet endroit et se réveillerait soudain, ne pourrait imaginer qu'une vaste chaîne de montagnes prolonge le contour sauvage mais néanmoins assez régulier de la forêt. Bien que le sachant, c'est en descente que je suis surpris par l'irruption soudaine des sommets. Au-delà des arbres, voici qu'apparaît devant moi une dépression inattendue dont la paroi qui me fait face s'élance dans le ciel, en une courbe presque parfaite, jusqu'à rejoindre la course des nuages.
De nouveau, nous nous asseyons dans le creux de la dépression. Des claquements en altitude attirent notre regard. Deux chamois, la mère et son petit, courent à vive allure à flanc de montagne. Ils vont si légers qu'ils donnent l'impression de voler. Un instant, je crains qu'ils tombent, mais ils sautent de pierre en pierre avec une habileté sans défaut, montent et descendent, tournent avec les ondulations de la roche.
Avant de reprendre la marche, le Roi observe l'arrivée des nuages et me signifie qu'aujourd'hui est le dernier jour paisible de l'automne. Demain, la neige tombera sur les sentiers, et les cairns ne seront plus visibles. Les flancs de la montagne se couvriront d'une épaisse nappe de gel, transparente mais infranchissable. Pour l'heure, nous nous engageons dans un paysage minéral où la seule végétation résiduelle est l'herbe rare à nos pieds.
Où le Roi me conduit-il ? Peut-être vers l'un de ces créneaux de vertige appelé ‘Pas' pour ‘passage' et dont on se demande si quelqu'un les a jamais franchis tant ils tombent à la verticale dans un gouffre sans fond. L'un d'eux figure sur la carte sous le nom dissuasif de ‘Pas Morta' et c'est bien vers ce Pas que nous nous dirigeons.
vendredi 17 novembre 2006 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: gilles_nicaud | commentaires (3) | permalien
Sur les cartes de l’IGN, il existe un lieu situé dans la réserve naturelle du Vercors appelé ‘Pré du Rey Blanc’, et un autre, où aucun chemin n’est indiqué pour s’y rendre, qui porte le nom de ‘Pot du Rey Blanc’. Le ‘Rey Blanc’, c’est le ‘Roi Blanc’ car ‘Rey’ était jadis la façon d’écrire et de prononcer ‘Roi’. Si ces lieux portent toujours ce nom ancien de ‘Rey’, au sein de cette réserve, peut-être le Roi Blanc est-il toujours là, bien caché, avec ses terres et ses châteaux.
La curiosité me pousse à me rendre sur les lieux. C’est donc par un clair matin d’automne que j’emprunte le chemin qui conduit au Pré du Roi. Il fait beau mais froid. La gelée bientôt va fondre sous l’effet du soleil et se transformer en millions de gouttes qui seront chacune un miroir du ciel. Les montagnes, toutes inclinées vers le Nord, s’élancent comme emportées par un mouvement de danse dont on ne perçoit pas la musique. Tout est silence, et je m’efforce de limiter le bruit de mes pas qui me semble une blessure dans l’harmonie de ce silence. Je me dis que c’est un bon jour pour rendre visite au Roi Blanc, car ce matin est d’argent, dans les herbes glacées, dans la neige des prairies d’altitude, dans la lumière des rayons qui éclairent la forêt.
Enfin, je débouche sur le pré. Ce n’est pas un pré d’herbe tendre mais de hautes herbes qui s’enroulent les unes sur les autres. Elles forment une multitude de vagues et ondulent au soleil. Ainsi, il y avait ici un roi, mais je ne vois pas ses châteaux. Ses terres sont envahies par une végétation sauvage, plus belle cependant que les gazons cultivés des parcs et des jardins. Je reste un instant à observer le pré en pente, avec, à son sommet, une paroi de roches où vient s’échouer la forêt. Soudain, cette paroi m’apparaît comme une parure, plus, comme une couronne, non pas en or mais en craie. Les motifs qui la composent ne sont pas symétriques mais elle est néanmoins harmonieuse, de cette inimitable harmonie dont seule la nature est capable.
Le Vercors est une région où la craie est partout. Elle brille dans les cailloux des chemins, sur le flanc des montagnes éclairées par le soleil, au pied des forêts où les arbres prennent naissance. L’hiver, la neige ajoute encore de la blancheur au paysage et l’été, parfois, les sommets se confondent avec les nuages blancs.
Comme j’observe la parure de craie située en haut du pré, un personnage, habillé comme moi, en marcheur, mais tout en blanc, sort de la forêt et me fait signe de le rejoindre. Sur sa tête, une discrète couronne de pierres reproduit exactement les contours de la roche à côté de laquelle il m’attend. Nul doute, c’est bien lui le Roi Blanc. Je ne saurais dire s’il est jeune ou vieux. Il n’a pas d’âge. Sans doute parce que sa vie est tellement plus longue que la nôtre. Je ne peux le toucher. Il m’est à la fois proche et lointain, intime et étranger. Il ne parle pas mais il s’exprime, mieux qu’avec les mots, par le geste, l’attitude ou le regard. Il m’invite à visiter ses parcs et ses châteaux. Ses châteaux, je ne les voyais pas tout à l’heure mais je les devine à présent. Ils sont dissimulés au bout de la forêt : ce sont les falaises verticales des montagnes, les tours en craie, vertigineuses, suspendues dans le ciel, parfois au-dessus des nuages.
jeudi 10 août 2006 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: Gilles Nicaud | commentaires (0) | permalien
Sur les crêtes de la chaîne orientale – fin Juillet 2006 ----- Le jour se lève à peine sur la Moucherolle qui roule telle une vague du ciel aux multiples reflets. En cette période de canicule, le matin est encore frais et les parterres de rhinanthes sont tout imprégnés des parfums de rosée de la nuit. Dans quelques heures ce sera le soleil de midi. Déjà rien ne bouge. Tout est silence dans la forêt. Pas le moindre cri, pas le moindre bruissement d’aile. Seules les travailleuses des fourmilières géantes s’agitent en douceur afin de ne pas réveiller leurs consœurs encore endormies. ----- A l’extrémité du sentier de la cabane du Serre du Play, au-dessus des grands arbres, se dressent les courbes hautes mais douces de la Tête des Chaudières et des Rochers de la Balme, joyaux immenses dans le ciel pur. Me reviennent alors, comme souvent en montagne, les mêmes pensées naïves mais insistantes, les mêmes questionnements : d’où nous vient tant de beauté ? Pourquoi, dans la nature si belle, tant de douceurs et de douleurs mêlées ? Certains diront que la beauté est affaire de culture non de nature, que l’important n’est pas de connaître la raison d’être de la nature mais son fonctionnement afin d’en développer les bienfaits et d’en limiter les méfaits. Pour l’heure, j’éprouve un sentiment de reconnaissance : celui de pouvoir, aujourd’hui encore, voyager en ces lieux tout à la fois familiers et mystérieux. ----- L’ascension vers les crêtes par le dévers est facile et le paysage à l’arrivée toujours surprenant. A l’horizon, la succession des cimes dessine dans le ciel les notes d’une musique que nous n’entendons pas mais dont la grâce et l’harmonie nous parviennent intactes. Et comme pour ajouter à la fête, les sommets, ce matin, sont tous entourés d’un foulard léger de nuages blancs. Ici même, au bord des gouffres, la chaîne du Vercors apparaît comme une déchirure de la Terre, immobile aujourd’hui, mais marquée des traces d’une histoire mouvementée. De cette histoire demeure cette étonnante ronde aérienne, menée par le Mont Aiguille et qui s’étend du Grand Veymont aux façades de vertige des Moucherolles et de sœur Agathe.
jeudi 10 août 2006 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: Gilles Nicaud | commentaires (0) | permalien
Le chemin de la Carrette est désert en ce premier matin de Mai. La neige des sommets, encore abondante, témoigne de la difficulté du printemps à s'installer. Le gel de la nuit a poudré d'une cendre grise les prairies du plateau. Mais le ciel serein promet une belle journée que les oiseaux accueillent de leurs chants généreux. La vie recommence et le marcheur tranquille a le sentiment, un instant, de s'engager sur un sentier que nul avant lui n'aurait emprunté. Il a l'illusion passagère d'une exploration inédite et il est vrai que celui qui n'aura pas vu se dessiner la clarté du jour au-dessus des crêtes restera à jamais ignorant de la beauté de ce premier matin. Que de merveilles ignorées ainsi dispersées aux quatre vents. La nature n'est pas économe de ses beautés. Il n'est pas jusqu'à la moindre parcelle de vie ou de matière qui ne sera détruite, mais non la nature. La nature subsistera sous d'autres formes et dans ce concert infini de variations, notre Terre même n'aura peut-être été qu'une ébauche, une gamme perdue, une composition abandonnée. ----- Après la Carrette, le chemin s'élance au-dessus des arbres. Le soleil naissant nappe la forêt d'une teinte orangée. Au loin, une mer de brume s'est déposée sur la plaine de Darbounousse d'où émergent, ici et là, telles des îles, quelques sapins isolés. Les premiers névés apparaissent, de plus en plus nombreux durant l'ascension et se rejoignent au sommet de la première crête. Pour atteindre le Pas de l'Ernadent, il va falloir gravir de larges surfaces enneigées, presque gelées. Mais l'effort est récompensé. Le Pas est une brèche vertigineuse qui aurait été taillée à vif dans la chaîne, tout exprès pour découvrir un horizon d'une beauté comme seule la montagne sait en offrir. Ici, un fragment du massif des Alpes, ni trop proche ni trop lointain, permet d'admirer tout à la fois les détails et l'ensemble, et dans ce matin clair, les nuages blancs se reflètent en miroir sur les reliefs glacés. ----- Sur le chemin du retour, le soleil se fait printanier. Les crocus, tout à l'heure repliés dans le givre, s'ouvrent maintenant dans la lumière et colorent les sentiers. La vie recommence, oublieuse des drames de l'hiver, de l'arbre désolé dont les branches maigres ne verront pas les nouveaux bourgeons, de l'oiseau tombé sur la face gelée de l'étang, ... A côté des bois morts, l'herbe jaillit en touffes et les fleurs en bouquets. La vie n'en finit pas de recommencer, la vie sans mémoire.
samedi 15 avril 2006 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: Gilles Nicaud | commentaires (2) | permalien
Quelques mots au sujet du printemps qui a du mal à s'installer mais qui finira bien par s'imposer : Maintenant, les premiers soleils du printemps apparaissent, comme une succession de sourires, sur les montagnes, vallées, forêts et plateaux. Ils apportent la certitude absolue, même si rien n’a encore changé, que la vie va se renouveler, le paysage se transformer. Le redressement à peine visible de l’herbe, la présence des premières fleurs qui surprennent toujours, promettent, malgré les bourrasques passagères, le retour indéfectible de la lumière. Car même lorsqu’elle s’efface sous la rage du vent et de la pluie, la lumière du printemps finit toujours par s’imposer, et ce qui se déchaîne, en définitive, n’est pas la violence des éléments mais la jeunesse d’une nature contre laquelle les persistances de l'hiver ne peuvent rien.
jeudi 09 mars 2006 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: Gilles Nicaud | commentaires (0) | permalien
Quelques paroles d’hiver entre Villard et Corrençon sur le chemin du Frier Sous le soleil, le vent du Nord souffle en poussière d’argent le grain fin de la neige. Des points de cristaux, partout, luisent dans la lumière. Le Cornafion parvient à s’échapper des nuages mais reste cependant entouré de nuées oranges. De grands sapins se dressent, isolés dans la pente, déployant dans le ciel leurs ailes de neige. A la sortie de la forêt, la vue porte loin sur l’horizon. Le paysage est partagé entre brouillard et clarté. Nous ne voyons pas les Moucherolles, mais les nuages roulent par vagues, entre deux soleils, sur les Arêtes du Gerbier et le Pas de l’Œille.
mercredi 22 février 2006 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: Gilles Nicaud | commentaires (0) | permalien
Le spectacle se renouvelle sans cesse au gré de la danse imprévisible des nuages. Sur les forêts de sapins, le soleil distribue par vagues la cendre et la lumière. Parfois, apparaît dans les limites d’un croissant bleu, la dentelle de neige d’un tout petit fragment de la ligne des cimes. Parfois, des taches dorées courent sur les surfaces cuirassées des falaises, sautent d’une montagne sur l’autre avant de s’effacer dans l’élan d’une arête qui ne finit pas. Sur le chemin, un grand hêtre isolé déploie dans le ciel bleu, avec l’éclat d’un arbre en fleurs au printemps, la rosace de ses branches chargées de neige. Plus loin, la cascade de la Fauge n’est pas entièrement gelée. Une chute coule encore au milieu d’un rideau de glace et tombe dans un bassin d’où s’échappe l’eau claire de la rivière.
Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: ballinette | commentaires (0) | permalien
Petit poême écrit il y a un peu plus d'un an, qui vaut ce qu'il vaut (c'est à dire pas grand chose, mais qu'importe ;) ) :
Des mois que je l'attendais sans oser en rêver
Enfin, comme tombée du ciel, elle m'est arrivée
Et mon coeur de bonheur a chaviré.
Ô quel bonheur de caresser ses doux reliefs harmonieux,
De tracer de belles courbes sur son corps si merveilleux,
Elle a su donner de la joie à mes hivers,
Quand elle est là, le blues reste aux vestiaires.
Avec elle, le temps semble s'arrêter
Tant elle m'apporte calme et sérénité...
En l'admirant aujourd'hui dans sa robe blanche immaculée,
Je serais prêt à lui promettre amour et fidélité
Pour l'éternité...
Mais je sais bien que rien n'est éternel
Pas même notre passion intense et charnelle.
Avec le printemps, elle s'en ira fondre au soleil,
Me laissant seul avec mes souvenirs pleins de merveilles...
Il me faudra alors attendre le prochain hiver
Pour espérer faire renaître ce bonheur éphémère...
vendredi 30 décembre 2005 | Paroles d'ici, paroles d'ailleurs | auteur: Gilles Nicaud | commentaires (0) | permalien
J'ai hâte de voyager à nouveau dans les paysages d’hiver du Vercors,
de marcher dans les chemins de lumière blanche,
de revoir les éclats du soleil, le soir, sur les falaises de la chaîne orientale,
d’observer, peut-être encore, les étoiles des nuits froides.
J’ai hâte de m’engager dans les montagnes
comme on entrerait dans un tableau qui se mettrait à vivre,
pour de nouvelles impressions,
pour des écritures inédites.
La roue des heures et des saisons tourne,
laissant derrière elle tant de paysages ignorés,
et s’ouvre, sur tant d’autres imprévisibles,
tous d’une beauté dont on ne peut deviner,
ni les teintes, ni la couleur du ciel,
ni l’alliance des nuages et de la pierre.
J’ai hâte de déboucher à Lans entre ciel et neige.
J’ai hâte de revoir la courbe des reliefs se dessiner, familière,
comme les traits d’un visage aimé.
J’ai hâte de revoir la chaîne se déployer,
comme une musique dont toutes les notes se joueraient en même temps,
comme une danse dont les mouvements resteraient à jamais fixés dans la ligne des cimes.
J’ai hâte enfin, de revoir la réserve,
dont la beauté, sans cesse, se renouvelle,
de saison en saison, d’un instant à l’autre,
ces lieux magiques où la composition de la lumière, toujours, est une surprise.